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jeudi 21 juin 2012

Le lesbianisme et la poésie de Sappho de Lesbos dans l'art et la littérature


Les Amies de Louise Catherine Breslau



Comment est-il possible de commencer une telle rubrique, sans citer aux lectrices le site incontournable, consacré à la vie et à l’œuvre de Sappho. Ces pages vous feront découvrir l’étendue des connaissances disponibles sur la poétesse et vous livreront de nombreuses sources qu’il est précieux de connaître. Un site riche pour un corpus enthousiasmant, remarquable, il offre beaucoup d’informations sur l’époque de Sappho et les mythes qui l’entourent.

Merci énormément à Arvicola Nonagénaire (?) pour sa généreuse documentation, qui nous plonge dans l’univers littéraire et artistique du sapphisme.


 « Prolonge la nuit, Déesse qui nous brûle !
   Éloigne de nous l’aube aux sandales d’or.
   Déjà, sur l’étang, les vertes libellules
Ont pris leur essor.
   Tes cheveux, flambant sous l’ombre de tes voiles,
   Atthis, a gardé le feu rouge du jour.
   Et le vin de fleurs et le vin des étoiles
M’enivrent d’amour.
   Nous ne savons pas quelle aurore se lève
   Là-bas, apportant l’inconnu dans ses mains…
   Nous tremblons devant l’avenir, notre rêve
Craint les lendemains.
   Je vois la clarté sous mes paupières closes,
   J’étreins vainement la douceur qui nous fuit.
   Déesse à qui plait la ruine des roses,
Prolonge la nuit. »
Renée Vivien, Évocations, Alphonse Lemerre Éditeur, 1903, pp. 9-10.



Le lesbianisme et la poésie de Sappho de Lesbos dans l'art et la littérature - www.saphisme.com

mercredi 20 juin 2012

jeudi 24 mai 2012

THE LADY OF SHALOTT


The Lady Of Shalott par Alfred Lord Tennyson


Amoureuse d'un tableau ? Oui. On peut le dire ainsi. Car ce tableau, je l'ai aimé. Comme on aimerait une femme captive dont on pourrait disposer à volonté, à laquelle on pourrait penser jusqu'à s'en obséder et dont la sublime indifférence ne ferait qu'attiser le désir.

C'était il y a quelque temps, alors que j'entretenais une relation de possession de grande qualité, avec un prince de mes amis qui séjourne souvent à Londres.

À chacun de mes voyages, David, le chauffeur, me prenait à l'aéroport pour me conduire directement auprès de son maître qui m'attendait là, comme un fou, dans le désir absolu de mon pied. Finalement je lui accordais ce désir, mais seulement après qu'il l'eut mérité. Qu'il ait obéi, satisfait et accepté comme il se doit. Ensuite, c'est moi qui perdais la tête. Traversant la ville de Londres à la hâte pour rejoindre laTate Gallery : ce lieu magique où elle m'attendait. ELLE, sublime, magnifiquement peinte, pétrifiée et captive.

Dès que je rentrais dans le musée, mes oreilles se mettaient à bourdonner et mon coeur à battre très fort. J'entendais le bruit de mes pas sur le plancher des grandes salles comme si j'étais dédoublée. Parce que je m'avançais vers ELLE. D'ailleurs, je courais presque, animée par la plus vive des émotions, à la limite de la folie. Exactement comme quand je vais retrouver pour la première fois celui ou celle que l'on adore.

Sur la gauche, les portraits élisabéthains défilaient et je les aimais. Les retrouvant à chaque fois, tout comme la "Dame en Bleu" de Gainsborough, un peu plus loin sur la droite, avec son regard malicieux figé depuis des siècles. Ensuite, quelques paysages de Constable, puis deux ou trois Turner et enfin, les premiers préraphaélites : sublimes. Rarement tous présents car déplacés bien des fois pour une exposition à l'extérieur. Mais ELLE, je savais qu'on ne la bougeait jamais et que je la retrouverais là, accrochée et immense, sublime et magnifiquement peinte par Waterhouse : THE LADY OF SHALOTT.

Me retrouver enfin face à elle me mettait à chaque fois dans un état étrange car je me sentais glacée. Comme pétrifiée par un désir infini à la fois satisfait mais impossible à satisfaire. Pourtant, à chaque fois j'y croyais. Je venais animée par la plus intense des émotions. Comme si j'attendais tout de ce tableau.

Une folie? Oui, peut-être. Mais quelle délicieuse folie!

«  Et dans les eaux sombres de la rivière
    Tel un prophète téméraire en transe,
    Réalisant toute son infortune —
    C'est avec une figure terne
    Qu'elle regarda Camelot.
    Et lorsque le jour déclina,
    Desserrant la chaîne, elle s'allongeait ;
    Le courant au loin l'emportait,
    La Dame de Shallot… »

— Lord Alfred Tennyson, Extrait de la IVe partie